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La santé de la mère et de l’enfant : une priorité nationale

Interview de Dr Papa Chimère Diaw, Chef de la Division de la Planification Familiale à la Direction de la Santé de la Reproduction et de la Survie de l’Enfant du Ministère de la Santé

Quels sont les efforts consentis par le Sénégal pour respecter ses engagements dans le cadre de la CIPD et des OMD?
Dr Papa Chimère Diaw : Le Ministère de la Santé suit les recommandations de la Conférence du Caire depuis 1994. Il existe un fort leadership du Sénégal à travers l’engagement du Chef de l’Etat, le Président Macky Sall, qui a fait de la lutte contre la mortalité maternelle une priorité nationale. De nombreux Conseils des Ministres ont été tenus à ce propos. Cette ferme volonté politique s’est traduite par l’augmentation du budget destiné à l’achat des contraceptifs, la gratuité des soins pour les enfants de 0 à 5 ans, la gratuité des césariennes et des accouchements sur tout le territoire national et la mise en place de la Couverture Maladie Universelle. L’Etat a décidé de s’attaquer aux besoins non satisfaits en matière de contraception estimés à 29%. Concernant la pauvreté, l’incidence est passée de 48,3% en 2005 à 46,7% en 2011. Cependant, des efforts restent à faire pour réduire substan- tiellement et durablement la pauvreté.

En quoi le renforcement institutionnel de la Division de la Santé de la Reproduction (DSR) contribue-t-il à l’atteinte des objectifs de santé visés par le Sénégal ?
Dr PCD : En effet, la Division de la Santé de la Reproduction (DSR) a été érigée en Direction de la Santé de Reproduction et de la Survie de l’Enfant (DSRSE). Cela a permis la création de cinq divisions et trois cellules, dirigées chacune par un médecin spécialiste en santé publique. Il y a eu également un renforcement des moyens logistiques et financiers. Ce relèvement de l’ancrage institutionnel traduit la ferme volonté du gouvernement de faire de la question de la santé de la mère et de l’enfant une priorité nationale. Par ailleurs, des objectifs de performance ont été assignés à la Direction dans le souci de répondre au PNDS et aux OMD 4 et 5 de 2015.

Le taux de prévalence contraceptive s’est amélioré certes, mais nous sommes loin de l’objectif fixé à 27%. Pensez-vous que le Sénégal pourra l’atteindre d’ici 2015 ?
Dr PCD : Pour reprendre le slogan du Président Obama, « Yes, we can ». Le Sénégal a fait le choix stratégique de faire de la Planification Familiale une priorité nationale en vue d’une réduction rapide de la mortalité maternelle et infantile. Grâce aux efforts combinés de l’Etat, des partenaires techniques et inanciers, de la société civile, des leaders religieux, le Sénégal a fait un bond spectaculaire en gagnant quatre points en l’espace d’un an passant de 12% à 16% entre 2012 et 2013. Si cette tendance se maintient d’ici 2015, nous pourrons atteindre l’objectif des 27% de taux de prévalence contraceptive. Cependant, mon appréhension est que l’épidémie d’Ebola vienne perturber les prévisions, en engloutissant tous les financements destinés à la santé de la reproduction.

Propos recueillis par ABD et ASD

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